Histoire d’un livre

Si je ne m’étais pas entêté, » Saint jean du var, quand j’étais minot », n’aurait jamais connu le succès qu’il connaît aujourd’hui… Ni même existé. En 2001, rassemblant des feuillets écrits au fil du temps, je décide de les faire imprimer et d’en faire un petit livre de 68 pages que je fais tirer à 100 exemplaires à titre d’auteur sous le titre « Mémoires d’un minot ». Je réussis à le diffuser dans mon entourage et j’en reste là. Au cours d’une exposition de peinture, au Palais Neptune, je fais la connaissance d’une peintre à laquelle je parle de mes activités annexes à la peinture, dont l’écriture et lui fait connaître mon ouvrage. Elle me conseille de prendre contact avec sa fille qui vient de fonder une maison d’édition à Toulon et recherche des auteurs locaux, ce que je fais.
Bien qu’intéressée, comme je suis un auteur inconnu, cette personne veut bien m’éditer mais sans prendre de risque, c’est-à dire qu’elle veut bien m’éditer mais à compte d’auteur. Désireux que mon livre soit publié par une maison d’édition, j’accepte et signe pour 100 exemplaires, dont je serai propriétaire et qui sera aussi vendu sur le net par l’éditeur. De mon côté, j’arrive à en vendre la plus grosse partie et propose à la librairie Charlemagne de Toulon ; d’en prendre 10 en dépôt, ce qu’elle fait, se contentant de le mettre en rayon. Résultat : un an pour en vendre 5 !.
 
Quant aux ventes par l’éditeur sur le Net, je n’en entendrai jamais parler…
Je m’étais résigné, mais le sort en avait décidé autrement. Je suis mis en relation avec un jeune éditeur (encore) qui me dit rechercher des auteurs locaux pour lancer sa collection « Témoins » et être intéressé par mon manuscrit. Bien que mon livre ait déjà été édité, mais passé pratiquement inaperçu, le hic, comme toujours, c’est la peur du bide, aussi, il me propose une solution qui le met à l’abri de cette éventualité et qui m’évite d’investir :
C’est la solution de la souscription. Pour traiter, sans risques réciproques, Il m’impose 100 réservations à partir desquelles il me publiera à compte d’éditeur, J’accepte et me lance dans cette fastidieuse quête aux signatures, à l’issue de laquelle un contrat est signé et l’affaire est lancée.
Le livre rebaptisé « Saint jean du var, quand j’étais minot » s’est étoffé. Imprimé à Paris par les Ets Jouve, il passe à 256 pages, il est illustré de photos personnelles et parait aux Editions Gehess en janvier 2009 dans sa collection Témoins.
Cet éditeur est particulièrement actif et mon livre est placé dans toutes les librairies locales : FNAC, Charlemagne, Gaïa, La Nerthe, La Petite Fatigue, Mona Lisait, Périclès, La librairie Leclerc de saint jean du var, A Demi-Mots à La Valette et les différents points presse de quartier, plus les grands libraires qui diffusent sur le Net : PriceMinister, Amazon,   Decitre,   Chapitre, Myboox, Ciao….
J’apprends incidemment et j’en suis très honoré que mon livre est gravé sur CD, à l’intention des malvoyants par la Bibliothèque Sonore de Toulon.

Compte tenu de tous ces points de vente, et de quelques articles dans la presse locale, les ventes démarrent, demandant vite des rééditions. De mon côté, je participe à sa promotion par des séances de signatures en librairies ou en médiathèques et ma présence à la Fêtes du Livre Place d’Armes. J’ai le plaisir actuellement de le retrouver dans les rayons ou les vitrines de ces libraires. Je figure maintenant parmi les meilleures ventes dans la collection Témoins, chez cet éditeur qui ne doit pas regretter de m’y avoir fait figurer. Il vient de m’adresser un chèque de mes droits d’auteur et même si ce n’est pas avec ça que je vais changer de voiture, cela fait toujours plaisir.

Voila, l’histoire de ce livre et la morale que l’on peut en tirer, c’est qu’il faut croire en soi, qu’il ne faut jamais renoncer à un projet auquel on tient, surtout si lui–même tient la route !.....

Ps : Cette gestation aura donc duré près de neuf ans, assortie de différents remaniements, pour arriver à son stade actuel.

L’heureux Papa et le bébé se portent bien… 

 

... et la saga de mon livre aurait du s'arrêter là...Mais il en était décidé autrement.

Courant 2012, je constate que mon livre a disparu des vitrines des librairies où j'avais coutume de le voir.J'en conclue que mon éditeur doit avoir des problèmes et j'en profite pour lui adresser un mail dans lequelje me rappelle à son bon souvenir au sujet de mes droits d'auteur.
Pas de réponse ? J'apprends incidemment par une personne qui re fréquente, que face à de grosses difficultés, il a été contraint de jeter l'éponge et de quitter le domaine de l'édition et la région. Je me retrouve donc devant deux alternatives :
Soit, j'en reste là, et mon livre devient introuvable, soit je reprends le flambeau et le publie à compte d,auteur. Ce que je décide devant I'insistance de mon entourage, sans savoirce qui m'attends. Innocemment, je pensais qu'il suffisait de demander à l'imprimeur de m'en procurer X exempfaires. Hélas, il fallait auparavant procéder à sa mise en page par un infographiste et, je profite de cette occasion pour lui donner une nouvelle jeunesse à I'aide d'une nouvetle couverture* en couleurs  et en y incluant de nouvelles photos d'époque.
Je prends mon bâton de pèferin et commence la tournée des libraires, où je ne suis pas inconnu puisqu'ils ont déjà vendu mon ouvrage. Je pense que cette nouvelle mouture est la dernière et que j'aurais tout fait pour assurer à mon æuvre cette laborieuse pérennité...
*Oeuvre de Karine leroy de Carrélight.
 
 

Extrait de   "Les pétards de la Saint Jean" 

…Hier, nous nous sommes fait admonester par une grincheuse dans le jardin de laquelle nos pétards sont tombés pendant qu’elle cueillait ses roses.

Ses reproches véhéments ne nous semblant pas proportionnés à cette peccadille, il nous a paru indispensable de laver l’affront .Mais comment faire pour lui réserver un chien de notre chienne ? Mon imagination jamais à court dans ce genre de situation, me souffle vite la solution. Notre « cible » habite dans une villa dont l’entrée donne sur une ruelle. Passant devant chez elle, je m’aperçois qu’un vasistas de sa salle de bains est ouvert. A entendre les clapotis et les bruits de l’eau coulant des robinets, elle doit être dans son bain.il faut agir vite.

Je sonne le branle-bas et, dans les quelques minutes qui suivent, nous sommes prêts !A l’aide d’élastiques, nous confectionnons trois bombes, rassemblant chacune cinq pétards des plus puissants. Sans faire de bruit, nous nous rendons sous sa fenêtre. Notre « proie » macère toujours dans sa baignoire , d’où, d’une voix éraillée qu’elle s’imagine de soprano colorature, massacrant Puccini, elle s’égosille :..Suuuur la meeeer, calméeeeee…

Attention : à mon commandement, mise à feu ! Avec un synchronisme parfait, nous balançons nos trois explosifs par la fenêtre .Le résultat est quasi immédiat !.. Trois puissantes déflagrations font vibrer la maison, des cris raisonnent, puis une épaisse fumée s’échappe de l’ouverture, tandis que des borborygmes désespérés nous font craindre le pire ;

Inquiets, nous décampons avant l’arrivée des voisins.

Notre victime a échappé à la noyade, mais est-ce une coïncidence si depuis cette date elle porte une prothèse auditive ?

Quelques réactions de mon lectorat, saisies "au vol"...
 
Extasiée : Une jeune femme, la quarantaine, que je n'ai pas le plaisir de connaitre :
- "Tu m'as fait passer un agréable moment!"
 
Enthousiaste : Un copain ténor :
- "Dis donc ! Tu peux dire que tu as eu une enfance mouvementée toi !..."
 
Curieuse et critique : Une jeune ingénieur informatique :
- "Pendant la guerre, des éclats d'obus, il y en avait tant que ça ? Même plantés dans les façades ?" cf : la collection d'éclats p19.
- "Le vieux monsieur qui avait mangé des figues empoisonnées, il en est vraiment mort ?" cf : les figues farcies p47.
- "J'ai appris un tas de choses, notamment sur Toulon. Ce qui m'a un peu choquée, c'est qu'on ne s'attend pas à trouver ce vocabulaire dans la bouche d'un enfant !"
(je lui ai expliqué que c'est un adulte qui s'exprime au travers des souvenirs d'un enfant).
 
 Attentive : Une amie mezzo :
- "J'ai commencé la lecture de ton livre. J'en lis un passage tous les matins avant de partir travailler." (aux toilettes ?...)
 
Mélancolique : Un lecteur de ma génération :
- "Je fréquentais moi aussi le Vert Galant. Ma préférée, c'était Rina, une grosse blonde, vous l'avez connue ?" cf : le Vert Galant p113.
 
Gourmande : Une jeune prof agrégée de français :
- "Humm ! Les châtiments corporels !"... cf : p63.
 
Nostalgique : Une choriste de mon âge :
- "J'ai lu avec plaisir le passage où tu parles de Roberto Benzi. C'était dans les années 50-51 ? Moi aussi l'été je m'amusais avec lui sur la plage de la Garonne..." cf : Mon copain J.Jacques p121.
 
Inattendue : Une lectrice soprano :
- "J'habite St jean du var et je reconnais tous les endroits que tu cites.
C'est dommage que tu ne montres pas des photos de tes tableaux.
Ma fille aussi a lu ton livre, elle prépare une thèse bio et demande si tu n'aurais pas des précisions sur la brousse ?"... cf : la marchande de brousse p103.
 
Romantique : Une dame du quartier :
- "Est ce que vous étiez vraiment amoureux ce la petite gitane Manuela ?
- Par la suite est ce que vous l'avez revue ?" cf Manuela:  p103.
 
Apitoyée : Une jeune lectrice :
- "La dame qui chantait Madame Butterfly dans sa baignoire, elle est vraiment devenue sourde ?" cf : les pétards de la St jean p112.
 
Une professeur agrégée d’espagnol :
- Je prends beaucoup de plaisir à lire votre livre. Il me rappelle Pagnol lorsqu’il évoque ses souvenirs d’enfance dans le château de ma mère, ou La gloire de mon père. C’est très vivant et on retrouve toute une époque déjà lointaine d’un Toulon en toile de fond et ses coutumes très particulières…
L’avez-vous proposé à une chaine de télé, c’est très facile d’en faire un film en reliant les scènes entre elles.